Laisser un peuple se faire massacrer sans rien faire, c’est minable

2013-03-15 :: Le Nouvel Observateur

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Pour l'ancien président du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, "parler de lever l'embargo sur les armes arrive bien tard"

 

burhanGhalioun, originaire de Homs dans le centre de la Syrie, est ancien président duConseil national syrien (septembre 2011 – 24 mai 2012). Ilesttoujoursmembre de cette structure.

 

- Cela fait deux ans que la révolte syrienne a commencé. Le nombre de morts grandit chaque jour dans votre pays. Gardez-vousl'espoird'une issue prochaine ?

- Il est évident que Bachar al-Assad est fini. Tout le monde sait aujourd'hui que nous nous dirigeons inéluctablement vers un gouvernement démocratique en Syrie. L'Iran comme la Russie continuent de soutenir Assad et cela contribue à asseoir sa présence. C'est ce qui empêche une solution politique pour la fin du pouvoir dictatorial sur la base d'une transition démocratique.

 

- Cela fait deux ans que la révolte syrienne a commencé. Le nombre de morts grandit chaque jour dans votre pays. Gardez-vous l'espoir d'une issue prochaine ?

- Il est évident que Bachar al-Assad est fini. Tout le monde sait aujourd'hui que nous nous dirigeons inéluctablement vers un gouvernement démocratique en Syrie. L'Iran comme la Russie continuent de soutenir Assad et cela contribue à asseoir sa présence. C'est ce qui empêche une solution politique pour la fin du pouvoir dictatorial sur la base d'une transition démocratique.

 

 

- De quoi dépend alors l'issue ? De la situation militaire sur le terrain ? La volonté de la France et de la Grande-Bretagne de lever l'embargo sur les armes est-elle une bonne chose ?

- C'est une bonne chose même si cela arrive très tard et que je ne pense pas que cela soit traduit dans les faits. De mon point de vue ce n'est qu'une déclaration destinée à convaincre Bachar al-Assad qu'il ne peut plus compter sur l'idée de rester, qu'il doit comprendre qu'il doit quitter le pouvoir. Aujourd'hui, le monde porte une grande responsabilité dans le blocage auquel nous assistons car ils ont pris à la légère les menaces de Bachar al-Assad de continuer la guerre contre son peuple et ils ont laissé ce dernier seul et pratiquement sans armes affronter une machine de guerre très puissante soutenue par la Russie et l'Iran. Dire "on va lever l'embargo" n'est pas suffisant ni efficace. Cela ne va pas changer grand chose. Ce qui change quelque chose ce sont les Syriens qui se battent tous les jours avec peu d'armes et de munitions.

 

- Les aides non létales qui sont aujourd'hui fournies – formations, nourriture ou encore gilets pare-balles – ce n'est qu'une goutte d'eau ?

- Je le crois oui. Tout cela n'est pas suffisant et ne prouve pas que la communauté internationale donne un intérêt particulier à un massacre qui se poursuit chaque jour enSyrie. La position de la communauté internationale est condamnable. Laisser un peuple se faire massacrer pendant deux ans sans rien faire d'autre que de prononcer quelques déclarations et de distribuer un peu de matériel logistique, c'est minable. Non, cen'est pas convaincant.

 

- La Coalition nationale syrienne doit-elle, comme elle avait déjà menacé de le faire, boycotter les réunions internationales ?

- Non, boycotter n'est pas la solution. Lorsque la Coalition avait menacé de ne pas venir à la dernière réunion des amis du peuple syrien, c'était une façon d'exprimer la colère du peuple syrien et de la Coalition contre la position insuffisante qui donne un mauvais message au régime syrien. Le régime syrien a compris qu'il peut aller très loin dans le massacre de son peuple sans ne rien craindre puisque la communauté internationale n'est prête ni à intervenir, ni à fournir à ce peuple les armes nécessaires pour lui permettre de mettre fin à la répression. Montrer sa colère contre ces positions immorales est une bonne chose. Il faut aller sur tous les terrains : médiatique, politique, diplomatique... C'estcequ'ils font.